À Propos de Branca de Neve de João César Monteiro

ALEXANDRE MARINHO

 

brancanevejcm

Branca de Neve (João César Monteiro, 2000)

 

Voice-over : Cet écrit fut rédigé en tant que scénario pour la réalisation d’un film. Il s’inspire, entre autres, de Bataille, Blanchot et Deleuze. Mais surtout de ceux qui s’offrirent à la concrétisation de ce nouveau projet.

||| Qu’y a-t-il entre deux photogrammes qui se suivent ? | Visiblement, rien || Lorsque Buñuel incise la pupille de Simone Mareuil en guise de prologue dans son Chien andalou, il sacrifie le spectateur pour l’expérience génésiaque de son art et de celle de l’univers | Lors de cet instant, nous fûmes martyrs (témoins) d’une opsis ontologique || Car, ce que le rasoir de Buñuel fend, c’est la surface du visible | Il libère l’œil de la cataracte de celluloïd des significations qui l’enrobent | L’espace-temps est alors aspiré par l’intensité du hors-champ gravitationnel de ce trou noir couleur d’épochè | C’est le chiasme du logos, de toutes correspondances syntagmatiques et paradigmatiques entre les images, de celles qui vinrent et viendront | D’où l’horreur de la raison qui, horrifiée, détourne précipitamment son regard de cette Méduse qui le neutralise || « Derrière la lumière visible, il y a la lumière non révélée, la lumière invisible, ontologique » || Cette expérience-limite est de l’ordre de l’extase | Elle est, en quelque sorte, analogue à celles que vécurent Karin au sommet du Stromboli ou Orphée et Heurtebise de l’autre côté du miroir, à travers lui | Ce qu’ils contemplèrent, eux, alors, ce fut exactement l’instantané qui réside entre deux photogrammes juxtaposés, la non-perceptibilité de la mitoyenneté || Mais l’enchaînement de signifiants qui se répand à travers l’interstice de l’orbite de Simone Mareuil n’est plus de la même substance que celle que Buñuel et nous contemplâmes au même instant | C’est que, au contact de la lumière, ces signifiants se matérialisent en images | Ils ne sont plus de cette antimatière dont sont faits le cinéma et l’univers, quoiqu’ils en exhalent encore une aura noire || Ni la combustion du regard de Bibi Andersson || Si le Chien Andalou hurle, c’est de nostalgie, celle du fading absolu | C’est la lamentation du Thrace, de son leurre ; lui qui, enterré jusqu’au cou, scrute l’Océan, tandis que s’approchent de lui les furies de la raison, prêtes à lui lancer des pierres |||

Note : Il paraît que dans la région de Mandya (Inde), lors des éclipses, les parents enterraient leurs enfants atteints de démence jusqu’au cou, croyant ainsi les soigner.

 

Alexandre Marinho é filólogo quando amador.

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